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L’orpaillage traditionnel, la gestion des forêts et les énergies renouvelables aux menus

8 janvier 2016

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  • folkeadmcenter
  • 2016

L’orpaillage traditionnel, la gestion des forêts et les énergies renouvelables aux menus

FORUM ENVIRONNEMENTAL NATIONAL ANNUEL (FENA) 2015
L’orpaillage traditionnel, la gestion des forêts et les énergies renouvelables aux menus

Le Mali-Folkecenter Nyetaa (MFC Nyetaa) en collaboration avec les Ministères des Mines, de l’Energie et de l’eau, de l’Environnement, l’Assainissement et du Développement Durable, et l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a organisé du 16 au 20 novembre 2015, le Forum Environnemental National (FENA) 2015. La particularité de l’Edition 2015 a été la l’organisation consécutivement dans différentes localités du pays: Sikasso, Bougouni et Bamako.
Les thèmes des différentes rencontres ont été réfléchis en fonction des problèmes environnementaux qui minent les localités ciblées.
L’assise de Sikasso, la 3ième région administrative du Mali avait pour thème : «Implication active des collectivités territoriales dans la gestion des questions d’orpaillage dans la région de Sikasso». Dans cette région l’orpaillage est pratiqué dans cinq (5) des sept (7) cercles.
L’objectif de cette rencontre est de promouvoir le développement de l’orpaillage traditionnel en vue de sa participation à l’épanouissement de l’économie locale à travers la formalisation d’un cadre légal de son organisation. Il s’agit de faciliter l’installation d’un comité exécutif de la coalition des élus sur les questions minières et d’orpaillage. Le forum visait également à faire penser à un modèle économique basé sur l’orpaillage.
A Bougouni, chef-lieu de cercle, situé dans la région de Sikasso, le thème était «Gestion durable des ressources forestières face aux effets des changements climatiques »
Le choix de la localité s’explique par le constat que les complexes forestiers de Bougouni/Yanfolila, subissent une exploitation, et une dégradation sans précédent. De ce fait, le FENA visait à échanger avec les acteurs, sur les pratiques de dégradation des ressources naturelles et le rôle de la communauté dans le maintien de l’équilibre de leur écosystème ; partager les savoirs, les expériences locales et les capacités d’anticipation des communautés en matière de gestion durable des ressources forestières et d’adaptation aux effets des changements climatiques. Cette rencontre consistait aussi à créer un espace de réflexion, de discussion et de plaidoyer capable de renforcer la participation des communautés à une gestion durable des ressources forestières de leur terroir et du Mali à la 21ème COP de Paris en faisant du Pacte environnemental, le papier de position de la société civile du Mali etc.
Les assises de Bamako ont été organisées en collaboration avec le Ministère de l’Energie et de l’Eau, à travers l’Agence pour les Energies Renouvelables (AER). Le thème de cette rencontre de deux jours était: «une transition énergétiques vers les énergies renouvelables pour l’atténuation des effets des changements climatiques au Mali». L’objectif est de faire ressortir l’apport des Energies renouvelables dans la transition énergétique pour un développement durable au Mali et la promotion à grande échelle de l’utilisation des énergies renouvelables.

Résultats

L’édition 2015 du FENA a enregistré la présence de plus de 320 participants dont 120 participants pour Sikasso, 105 participants à Bougouni et 95 à Bamako. Ces participants étaient venus des régions de Sikasso; Kayes, Koulikoro et du District de Bamako. Ils étaient composés, d’administrateurs civils, de représentants de services techniques de l’Etat, d’agents forestiers, d’élus communaux, de chercheurs, des organisations de la société civile, de représentants d’organisation communautaires de base, d’orpailleurs, d’opérateurs d’électricité et des médias.
Il a formulé des recommandions contribuant à renforcer la feuille de route nationale pour les négociations du Mali à la COP 21 à Paris.

Les recommandions

  • Sur l’orpaillage, le FENA a recommandé de:
  • Diffuser largement le code minier ;
  • Former des responsables sur les textes régissant l’orpaillage ;
  • Associer les collectivités et les orpailleurs à la relecture du code minier ;
  • Adapter la gestion coutumière des placers avec le code minier ;
  • Règlementer l’usage des produits chimiques et la compensation des dommages collatéraux sur l’environnement ;
  • Mettre en place des espaces forestiers garantis pour les projets futurs de développement locaux et l’épargne financière pour les AGR (activités génératrices de revenus) futures;
  • Prendre en compte du « tomboloma » par les autorités administratives;
  • Organiser les orpailleurs;
  • Revoir le calendrier d’ouverture et de fermeture des sites d’orpaillage en fonction du décalage du calendrier agricole engendré par les changements climatiques.

Sur la gestion des ressources naturelles, le FENA recommande

  • Une politique d’intensification du reboisement au niveau des Collectivités;
  • L’arrêt des mauvaises pratiques agricoles (défrichements par brûlis);
  • Le renforcement des capacités des services forestiers en moyens humains et logistiques;
  • La Récupération les sites dégradés et la lutte contre toute nouvelle dégradation ;
  • La Promotion des combustibles de substitution ;
  • Le Développement des filières ;
  • Le Renforcement du contrôle ;
  • La vulgarisation des foyers améliorés, des réchauds à pétrole et du gaz butane ;
  • La mise en place de moyens pour mieux expliquer les mécanismes de financements qui existent à l’international et accompagner les communautés pour qu’ils puissent en bénéficier ;
  • Renforcer les stratégies de communication, de sensibilisation ;
  • Rendre chaque acteur un responsable fort et clé;
  • Multiplier les activités génératrices de revenus.

Sur les énergies renouvelables, le FENA a recommandé de

  • Consolider les cadres de concertation entre les acteurs du domaine ;
  • Instituer une semaine des énergies renouvelables au Mali ;
  • Valoriser les inventions locales ;
  • Mettre en place un réseau d’information;
  • Sortir des subventions en faveur de l’énergie fossiles ;
  • Mettre en place des mécanismes pour générer des ressources indépendamment des bailleurs de fonds ;
  • Former une masse critique ;
  • Tenir compte des impacts environnementaux dans tous les documents de projets ;
  • Multiplier les rencontres entre experts en Energie Renouvelables.

A la lumière des assises l’on retient que le FENA 2015 a permis d’offrir un cadre idéal d’animation de débats citoyens et d’échanges en vue d’harmoniser et d’améliorer les réalités et compréhensions des différents acteurs intervenant dans les trois domaines choisis cette année à savoir le minier, les ressources naturelles et les Energies Renouvelables. Les résultats obtenus sont très satisfaisants et donnent des pistes à explorer en vue d’attendre un développement harmonieux, respectant l’environnement au Mali.

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