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#CoolAvecLaNatureMali : comment tirer profit du potentiel des produits forestiers non ligneux

21 juillet 2023

  • Par
  • Webmaster MFC
  • 2023

#CoolAvecLaNatureMali : comment tirer profit du potentiel des produits forestiers non ligneux

Les produits forestiers non ligneux regorgent d’immenses opportunités économiques pour le Mali. Mais ce potentiel n’est pas exploité comme il faut.

Tous les produits d’un arbre, obtenus sans exploitation forestière, sont des produits non ligneux ou sans lignine. Il s’agit des fruits, les graines, les plantes, les résines, les feuilles, l’écorce, la gomme arabique, les champignons, le miel, etc. Au Mali, l’exploitation des produits forestiers non ligneux (PFNL) fait partie intégrante de la vie quotidienne économique des communautés rurales. Ils sont utilisés dans l’alimentation, la médecine, les cosmétiques, l’artisanat.

L’exploitation des PFNL représente une source importante de revenus pour de nombreuses communautés rurales, en particulier les femmes. Elles jouent un rôle de première ligne dans la collecte, la transformation et la commercialisation. Mais cette exploitation reste jusque-là rudimentaire. Elle doit être valorisée pour en maximiser les revenus au profit des communautés locales et en faire un véritable levier de croissance économique pour le pays. Le potentiel des PFNL au Mali est largement sous exploité. Des produits pouvant être mieux développés, en créant une véritable chaine d’exploitation pour tirer le maximum de revenus.

Faible capacité de transformation et d’exportation

Pour le cas de l’arbre à Karité dont les principaux produits de cueillette sont les noix de karité, le tamarin et le néré – qui peuvent être transformés pour consommation soit dans l’alimentation ou dans les cosmétiques (beurre de karité, savon) –, on évalue le potentiel existant à 84 millions de pieds d’arbres. Malgré ce potentiel, seulement 1% de la production fait l’objet d’exportation. Et seul 10% du potentiel de production de noix sont exploités au Mali. Sur 50kg de noix, environ 20kg d’amandes seront produits, desquels moins de 10kg de beurre sont extraits. Une grande quantité restante n’arrive donc pas à atteindre les marchés internationaux faute d’être labellisée.

C’est le cas pour la mangue, un fruit tropical très prisé au Mali et au-delà de ses frontières. La filière mangue est très porteuse en termes de capacité de production et d’exportation mondiale. Avec une production annuelle estimée à 77 685 tonnes en 2019 et 79 794 tonnes en 2020, seulement 31 277 tonnes ont été exportées en 2019 et 22 011 en 2020.

Le Mali compte 87 variétés de mangues, qui ne sont pas toutes exportables sur les marchés internationaux. Si on se tourne vers la culture de l’anacarde, des données statistiques datant de 2014 estiment la production malienne entre 35 000 et 40 000 tonnes. Mais la capacité de transformation reste très faible (quatre unités de transformation fonctionnelles, dont une seule a transformé plus de 10 tonnes de noix brute en 2014).

Maximiser le potentiel de la chaîne de valeur PFNL

Alors que les opportunités de développer une chaîne de valeur d’exploitation autour des PFNL sont nombreuses : possibilité d’en extraire du jus naturel comme boisson, d’en sécher, de transformer les feuilles, écorces ou résines en liquides pour des vertus médicinales ou en huile pour l’alimentation ou la cosmétique. Le Mali est toujours à la traîne dans la valorisation d’une richesse naturelle énorme. Les conditions actuelles de l’exploitation des PFNL limite le réel potentiel économique qu’on peut en tirer. Selon M. Ichaka Dembélé, ingénieur des eaux et forêts et directeur général de l’entreprise Mali Forêt Forte , « il existe une faible organisation des acteurs des chaînes de valeur dans le secteur de la valorisation des PFNL. Seulement quelques produits ont des producteurs organisés, de coopératives en interprofessionnel ». Cette situation rend difficile la possibilité de faire des plaidoyers, répondre face à l’instabilité des prix, faciliter l’exportation, cadrer la concurrence et promouvoir la qualité, estime-t-il.

L’absence de dispositifs de conservation et/ou d’industrialisation empêche une meilleure valorisation des PFNL et entraine une faible compétitivité des produits sur le marché international. « Le peu d’unités de transformation existantes pour certaines espèces de PFNL sont majoritairement installées dans les grandes villes, alors que les PFNL proviennent du milieu rural. Un problème d’acheminement des PFNL des lieux de cueillette aux zones de transformation dans des conditions adéquates se pose donc », détaille notre interlocuteur. Sans compter le fait que les entrepreneurs sont peu motivés à aller vers la transformation des PFNL à cause de la production saisonnière, en rupture souvent sur une grande partie de l’année.

Depuis plusieurs décennies, le Mali fait face à des défis environnementaux qui entrainent une baisse de la productivité agricole, une rente économique pour les populations rurales, qui dépendent à 80% du secteur agricole. Les pressions anthropiques sur l’environnement, ayant eu pour conséquences la déforestation, ont peu à peu fragilisé notre écosystème. L’exploitation des PFNL offre donc de nouvelles opportunités économiques durables à des populations menacées de précarité. Ce qui permettra à notre pays de faire face aux défis du changement climatique, protéger le couvert végétal et renforcer la résilience des populations locales.

Cet article a été précédemment publié sur Benbere

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